Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 22:35
Ca se passe à Clermont. À La Pardieu pour être précis. Je sors de la voiture en fixant l'enseigne en haut de cet immeuble de 4 étages. Je me dirige vers l'entrée. Il y a un panneau qui m'indique qu'Overscan est au deuxième étage.

Le deuxième étage c'est pas très haut, j'aurais pu y monter encore plus rapidement par les escaliers. Mais non, cet ascenseur a l'air grand, et moi j'aime bien les grands ascenseurs, genre comme dans les hôpitaux. Je sais pas pourquoi mais c'est comme ça. J'aime bien. Je m'y sens plus grand, et pourtant y a pas vraiment de quoi.

Bref, j'appelle l'ascenseur, qui devait m'attendre puisque les portes automatiques s'ouvrent instantanément. Satisfait, je rentre, tout digne sous mon chapeau, demi-tour à la cadre sup', presser le bouton 2 qui s'éclaire magiquement d'un halo rouge, pour nous indiquer qu'on a bien pressé le bouton 2, au cas ou on voudrait aller au 3ème étage en poussant le 2, enfin bref je m'égare. Je disais, halo rouge autour du bouton et regarder droit devant soi pour voir les portes se refermer, le paysage se rétrécir, j'adore cet effet de sortir du monde. Les ascenseurs, c'est des bulles hors du temps et de l'espace. On y est bien puisque nulle part, entre deux mondes, entre deux espaces bien réels. On s'y sent disparu, seul avec le silence d'une boîte en mouvement. Avant que les portes n'entament leur inéluctable fermeture, je voit une silhouette courir vers moi en me faisant des signes. Cette fille a manifestement l'intention de prendre le même ascenseur que moi. Elle veut rentrer dans ma boite à moi. Tant pis, soyons galant. J'appuie sur ce bouton réservé aux galants, celui avec des flèches, pour maintenir les portes ouvertes. On devrait marquer "GALANTS" sur ce bouton. C'est celui que l'inconnu presse pour permettre à la jeune mère de rentrer avec sa poussette, c'est celui que l'on utilise pour éviter que cette grand-mère n'ait à courir pour ne pas louper ce vertical véhicule. C'est celui que j'utilise à ce moment, en regardant cette fille passer les lourdes portes en verre du bâtiment.

Ce bouton a un pouvoir incroyable, outre celui de maintenir les portes ouvertes. Celui de créer un sourire. Un sourire de remerciement sincère. Ces sourires sont les plus beaux. Le sourire d'une inconnue pour une chose si simple est si radieux et sincère qu'on ne peut y résister, qu'on ne peut pas ne pas y répondre par un piteux rictus de guingois, genre " mais non, ce n'est rien, tout le monde aurait réagi de la même façon voyons, c'est tout naturel", alors qu'en fait on est juste perturbé par ce sourire simple et beau.

Cet instant de grâce est immédiatement suivi d'une éternité gênante. Petit un, les portes ne se décident pas à se refermer. Le sourire se transforme en une légère toux, mais rien ne se passe, on réappuie sur le bouton 2 toujours entouré de son petit halo rouge, mais rien ne se passe. Attente interminable. HMM-hm. ... 

...

Ah ça y est elle se sont décidées, les garces. Je suis sûr qu'elles l'ont fait exprès. Salopes de portes ingrates du boulot qu'on leur donne et qui je pense est suffisamment bien payé pour ce qu'elles font. Bordel de merde. Bouton 2, halo. Attente. Tiens, la jeune fille que j'ai accueillie dans ma boîte-hors-du-temps n'appuie sur aucun bouton. Elle aussi veut aller au deuxième, chez Overscan. Que de coïncidences ... Départ.

En général, c'est là qu'on se lance des petits regards, genre discret alors que vu qu'on est tout seuls on est grillé direct. Et ce coup là ça a pas manqué. Petit regard. Dis donc, elle est jolie cette fille. Petit regard et celui-ci c'est le pire, parce qu'on le jette en même temps. Du coup tu es grillé, tu l'as grillée, et en plus tu sais que tu es grillé, elle sait qu'elle est grillée, et chacun sait que l'autre sait. Vous suivez ? Le bordel total, à te mettre dans des états pas possibles dans ta tête, genre tu sais jamais comment réagir et du coup tu réagis pas. Panique à bord, standby complet.

C'est vachement long deux étages, surtout après un regard comme celui-ci. Des yeux! revolvers (comment ça on l'a déjà faite celle-là??). Bref, au bout de ce long périple d'au moins 5 mètres, ces garces de portes prennent bien tooouuut leur temps pour s'ouvrir, et évidemment, tous les deux aussi mal à l'aise l'un que l'autre, et voulant nous libérer de cet enfer de gêne, nous nous précipitons EN MÊME TEMPS vers ce couloir froid mais libérateur, et là nos épaules SE TOUCHENT, alors là c'est fini, crise cardiaque, triple pontage et tout le tintouin !!

Bref en suite, comme de par hasard, on fait tout en même temps et on arrête pas de ce bousculer, et c'est hyper gênant, mais on en redemande. La sonnette, bousculade, la porte, bousculade-excuse-rebousculade. Enfin l'horreur quoi. Avant de rentrer, pendant qu'une employée m'accueille, ma covoyageuse d'ascenseur me refait un grand sourire en allant se perdre dans les profondeurs de ces bureaux en boxes.



Deux jours plus tard je reçois un e-mail de la fille de l'ascenseur qui me dit que je vais sûrement la trouver gonflée, mais que je lui plaît, qu'elle a trouvé mon adresse mail sur mon C.V. et qu'elle voudrait me connaître pour de vrai, autre part que dans un ascenseur qui n'est, soit dit en passant, pas le meilleur lieu pour faire connaissance tout en étant, la preuve en est, un excellent lieu pour faire de belles rencontres... Et la suite ne vous concerne pas.
 
Par kamé léon
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

énooooooooormissme. si c'est vrai ça envoie plus que du bois, ça envoie du parpaing.
et sinon j'aime ta façon d'écrire, on s'y croirait.
Commentaire n°1 posté par Laura le 22/03/2009 à 23h10
T'a la classe gros, la pure classe du tombeur ;)
Commentaire n°2 posté par jerem le 24/03/2009 à 18h05
putin pourquoi ya pas de bouton "edit" dans le blogs... saloperies de dévellopeurs.

bref, pasque jvoulais rajouter : t'es tellement beau gosse que tu pourrais être mannequin, et on pourrais faire un film de ta vie sans que sa soit chiant, là tu te dis que t'a accompli quekchose.

REspect.
GENtillesse.
POlitesse.
Commentaire n°3 posté par jerem le 24/03/2009 à 18h12
J'adore comment tu l'as écrit.
Et j'adore encore plus paske j'ai eu le droit aux rebondissements en direct, et ça, ça déchire tout.
<3 Choukinou !
Commentaire n°4 posté par Choukinette le 25/03/2009 à 07h30
t'écris plus, et ça j'aime pas . :(
Commentaire n°5 posté par Laura le 19/04/2009 à 00h49

quelqu'un d'ordinaire

ma vertu préférée : le respect
le principal trait de mon caractère : ordinaire
la qualité que je préfèrechez les hommes : la capacité à s'émerveiller
la qualité que je préfère chez les femmes : la douceur
mon principal défaut : la fierté
ma principale qualité : l'humour
ce que j'apprécie le plus chez mes amis : leur amitié
mon occupation préférée : tout ce qui nécessite un crayon
mon rêve de bonheur : bourlinguer en combi volkswagen
quel serait mon plus grand malheur : n'avoir personne avec qui parler
à part moi-même, qui voudrais-je être : quelqu'un
où aimerais-je vivre : dans un combi volkswagen
la couleur que je préfère : la couleur du chagrin
la fleur que j'aime : la pâquerette
l'oiseau que je préfère : le corbeau
mes auteurs favoris en prose : Daniel Pennac, Patrick Cauvin, Susanna Clarke...
mes poètes préférés : Baudelaire, Apollinaire, Bertrand Cantat, Quick Dark, HF Thiéphaine, Brel ...
mes héros favoris dans la fiction : Dark Vador, Végéta, M. Malaussène, Batman ...
mes héroïnes favorites dans la fiction : Arabella Strange, Bulma ...
mes compositeurs favoris : Têtes Raides, Ogres de Barback, Thiéphaine, Déportivo, Beethoven...
mes peintres préférés : Rothko, Pollock, Monet, Malévitch ...
mes héros dans la vie réelle : mon papa, mon frère
mes héroïnes dans la vie réelle : ma maman
mes héros dans l'histoire : tous ceux de Woodstock
ma nourriture et ma boisson préférés : Menu MaxiBestOf avec BigMac, frites et Coca siouplaît
ce que je déteste par-dessus tout : la discrimination et l'intolérance
le personnage historique que je n'aime pas : il y en a tant ...
les faits historiques que je méprise le plus : les génocides
le fait militaire que j'estime le plus : les obsèques militaires
la réforme que j'estime le plus : la liberté de travail pour les femmes
le don de la nature que je voudrais avoir : voler (in the sky)
comment j'aimerais mourir : de très haut et sous le soleil
l'état présent de mon esprit : appliqué
la faute qui m'inspire le plus d'indulgence : les petites maladresses qui font rougir
ma devise : la vengeance sera mienne...

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus